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Francis Huster, le metteur en scène

   
 

Acteur, metteur en scène, réalisateur, scénariste, Francis Huster est tout cela à la fois mais ne se
réduit à aucune catégorie, aucun genre. Il se montre, et il donne de lui-même. La générosité,
personnelle et artistique, tout cela se confond, est le maître mot de son rapport aux autres.
Sa carrière sur les planches emprunte la voie la plus royale : débuts remarqués et parfois
chahutés au Conservatoire (où, déjà, il se lie avec Jacques Weber), entrée à la Comédie-
Française où il devient sociétaire. Il quitte l’institution en 1981, créé sa compagnie et initie de
grands chantiers dans la fièvre de la création. Les succès publics, considérables sont au rendezvous.
Certains rôles le rendent inoubliable : dans Lorrenzaccio de Musset en 1976, dans Hamlet
de Shakespeeare (auquel il reviendra souvent) en 1984, au Théâtre Antoine, qu’il retrouve la
même année dans Le Sablier de Nina Companeez, dans Le Cid de Corneille (1986), La Peste de
Camus (1989), Crime et châtiment de Dostoïevski… En parallèle, sa carrière au cinéma, où il
joue notamment sous la direction de Georges Franju, Nina Companeez, Claude Lelouch (à
sept reprises), Andrzej Zulawski, le fait accéder à une immense notoriété, que renforce encore la
télévision.
Imprégné par les oeuvres et les auteurs qu’il défend, Francis Huster possède le don rare de
pouvoir adapter sans trahir, de se fondre dans les styles et la sensibilité d’un écrivain. Écrire,
mettre en scène, jouer : Francis Huster est un homme de théâtre total. C’est ainsi qu’en 2005, il
porte au théâtre et interprète l’unique roman de Sacha Guitry, Les Mémoires d’un tricheur
(Théâtre des Mathurins), Waterloo d’après Victor Hugo (2008, Gaîté-Montparnasse), et qu’il se
frotte aujourd’hui à la célèbre trilogie marseillaise de Marcel Pagnol.
En même temps que se prépare César, Fanny, Marius sort son film Un homme et son chien, dans
lequel, au milieu de certains comédiens de la distribution du Théâtre Antoine, Jean-Paul
Belmondo fait son grand retour au cinéma.
On ne saurait évoquer ici tous les projets de théâtre qui animent l’imaginaire fertile et électrique
de Francis Huster. Mais il ne fait aucun doute que sa rencontre avec Pagnol et son oeuvre, comme ce fut le cas avec Guitry, sera dans son immense carrière une inflexion capitale.

   
 
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