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JACQUES OFFENBACH

Jacques Offenbach naît en Allemagne en 1819. Son père, Isaac Judas Eberst, est cantor de la synagogue de Cologne. Originaire d'Offenbach am Main près de Francfort, celui-ci adopte le patronyme d'Offenbach vers 1810, en vertu du décret napoléonien du 28 juillet 1808.

Le jeune Jacob révèle très jeune ses dons pour le violoncelle, ce qui conduit son père à lui faire poursuivre ses études musicales à Paris. Offenbach étudie le violoncelle au Conservatoire de Paris, où il est admis à titre dérogatoire à l'âge de quatorze ans, et débute parallèlement une carrière de soliste virtuose. Indiscipliné, il quitte l'établissement au bout d'un an pour rejoindre l'orchestre de l'Opéra-Comique, puis devient directeur musical de la Comédie-Française en 1847, grâce au succès d'une série de chansonnettes. En 1855, il crée son propre théâtre, les Bouffes-Parisiens sur les Champs-Élyseés afin qu'y soient exécutées ses propres oeuvres. Il travaille entre autres avec les librettistes Henri Meilhac et Ludovic Halévy.

Émule de Rossini et de Mozart, il est le créateur de l'opéra-bouffe français, que l'on confondit par la suite avec l'opérette, genre dans lequel il excelle également mais dont on doit la paternité à son rival - et néanmoins ami - le compositeur-interprète Hervé. Parmi la centaine d'oeuvres qu'il compose en 40 ans d'activité, plusieurs sont devenues des classiques du répertoire lyrique, d’Orphée aux Enfers en 1858, son premier grand succès grâce notamment à son « galop » final, aux Contes d'Hoffmann, en passant par La Grande-Duchesse de Gérolstein, La Belle Hélène, La Vie parisienne ou Les Brigands (et le fameux « bruit de bottes » des carabiniers arrivant après la bataille).

Il meurt dans la nuit du 4 au 5 octobre 1880 à 61 ans des suites de la goutte, quatre mois avant la création des Contes d'Hoffmann, alors en répétitions. Il est enterré au cimetière de Montmartre (division 9) et sa tombe a été réalisée par Charles Garnier.

 

JACQUES OFFENBACH
 
 

A sa création au Théâtre du Palais-Royal en 1866, « La Vie parisienne », le 66e ouvrage lyrique d’Offenbach, ne bénéficie pas d’interprètes choisis par le compositeur - à l’exception notable de Zulma Bouffar, une charmante soprano venue des Bouffes-Parisiens qu’il impose dans le rôle de la gantière (mais en fait pas seulement pour des raisons musicales…). C’est la troupe des comédiens de ce théâtre spécialisé dans le vaudeville qui va assurer tous les rôles. Bien sûr, ce sont des comédiens habitués aux couplets qui émaillent en ce temps-là les pièces à la mode - ainsi Elmire Paurelle, qui jouera Pauline, est passée par les Délassements-Comiques puis les Bouffes-Parisiens avant de rejoindre le Palais Royal. Ce sont donc des comédiens qui chantent et la phrase qu’on prête à Offenbach - « Je préfère des comédiens qui savent chanter à des chanteurs qui ne savent pas jouer la comédie » - trouve sans doute son origine dans cette aventure de la création de « La Vie parisienne »… qui, en son temps, a un peu agacé Labiche, lequel y voyait une concurrence déloyale dans « son » théâtre, celui de ses plus grands succès : « C’est insensé, s’écrit-il après la première, c’est le genre Charenton ; cela n’a aucune forme comme pièce ; mais c’est amusant, grotesque, bouffon et spirituel ». Car la force théâtrale indéniable de « La Vie parisienne » ne pouvait échapper à un tel connaisseur. C’est cette dimension théâtrale qui, en 1958, devait conduire Jean-Louis Barrault à monter cette Vie parisienne avec les Suzy Delair, Simone Valère et autres Pierre Bertin, Jean Desailly, Jean Parédès et, bien sûr, Madeleine Renaud (et même, certains soirs, Jean-Louis Barrault lui-même, en Brésilien !).

ALAIN DUAULT

  Philip Barry  
         
 
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